La Gazette de Saint Martin

Gazette impudente résolument et définitivement destinée à l'expression libre suivant les préceptes de la morale républicaine.

jeudi 2 février 2006

Gazette N°11 - Bafouille

Il va falloir penser au A3 si nous ne voulons pas être bientôt débordé… ! Les articles se bousculent sur le mail et les feuilles volantes nous arrivent de toutes parts. Les citoyens auraient-ils des CHOSES à dire  . . . ?
Nous nous excusons auprès des "pigistes indépendants" qui nous ont confié leurs écrits. Nous les diffuserons lors des prochains N°. Aucun ne sera oublié… ! Nos plus humbles excuses.
Bravo ! Continuez à vous défouler, le peuple a besoin de savoir qu’il n’est pas tout seul dans la galère. Si cela peut aider à ce que nous "ramions" tous dans le même sens… Peut-être, je dis bien peut-être, nos décideurs pourront, alors nous écouter ! L’espoir fait vivre… N’est ce pas ?
La vérité est souvent dure à dire, mais elle est constructive. Ne pas se "voiler la face" permet d’évoluer et d’avancer. Sûr, il est toujours très difficile d’accepter les critiques et de faire son autocritique, mais ce n’est pas en les réfutant que l’on apprend. Restons ouverts et à l’écoute, il n’y a pas de grandes ou de petites idées. Tout peut faire avancer les choses, surtout à notre époque, où l’Humain et la Nature ont été sacrifiés sur l’hôtel du progrès. Il est peut-être temps de calmer le jeu, de se poser et de voir où tout cela risque de nous emmener…
Que va-t-il se dégager des malaises en Irak, en Afghanistan, en Haïti, en Somalie, etc.  Ou des problèmes écologiques en Amazonie, aux États Unies, et j’en passe… !
Si nous laissons faire, un jour proche, tout cela va nous exploser à la "Gueule"… ! Et là, si nous sommes toujours vivants, une "huile" nous ressortira une de ces grandes phrases "Plus jamais ça !"
Hé bien non ! Ce sera trop tard ! De toute manière, c’est toujours la même chose, cela recommence continuellement : génocides, guerres, pollutions accidentelles, etc . . .
Vivement une nouvelle dépression financière ! Un gros crack boursier pour que l’on remette les pendules à l’heure…

Note des Gazetiers impudents

Nous nous sommes donnés comme règle de publier tout ce qui nous était soumis afin d'éditer la Gazette de Saint Martin papier et de diffuser sur la Gazette Internet (Blog), à partir du moment où l'expression libre respectait les préceptes de la morale républicaine. Toutefois, nous dégageons toutes responsabilités, opposons quelques réserves, exerçons notre droit de veto et notre pouvoir de censure, sur certains envois qui nous paraissent pour le moins, hautement douteux...!
Bonne lecture du numéro 11.
 

clown_07

Posté par gazetier à 06:00:00 PM - En Bref ! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ombres et Lumières

La connaissance de l’Histoire passée éclaire l’avenir. Pour la petite île découverte par Colombus un 11 Novembre - le jour de la Saint Martin - ce nom de baptême s’inscrit dans la notion de partage.

« Pendant qu'il était stationné à Amiens en 337, un mendiant à moitié nu s'approcha de lui; le temps était terriblement froid. Le nom de Martin devint immortel dès ce moment-là, car il coupa sa cape militaire en deux et donna la moitié à l'homme souffrant. Cette nuit-là, en songe, il vit Jésus drapé de cette autre moitié de sa cape qu'il avait donnée. Jésus lui dit, "Martin, bien que catéchumène, m'a couvert avec ce vêtement". Suite à ce rêve, il "couru pour aller se faire baptiser", selon le biographe de Saint Martin évêque de Tours.

En France on décompte 500 villes ou villages nommés Saint- Martin, plus une île antillaise ayant historiquement partagé son manteau en deux. Le partage colonial de l’île de St Martin
( 85 km²) au début du XVII° siècle est matérialisé par le fort d’Amsterdam des Hollandais au Sud de l’île à Philipsburg et le fort St Louis des français au Nord à Marigot. Ce partage est confirmé par un Traité de Concorde en 1648.
Deux siècles plus tard, pour 80% des habitants, l’esclavage est aboli en 1848 par la République française puis en 1863 par le Royaume d’Orange. Le point culminant est baptisé Pic Paradis. Sur ce confetti insulaire, pas de séparation entre les deux moitiés. Libre circulation sans frontières. Juste une ligne cadastrale limitant les deux fiefs administratifs. La seule frontière géographique c’est le littoral.


Pendant la première moitié du XX° siècle, pour avoir du travail de nombreux St Martinois s’exilent. Etats Unis, St Domingue, Aruba, Curaçao ... Au cours des 30 dernières années, le développement de l’économie touristique s’est accompagné d’un flux migratoire inverse.
Il correspond fondamentalement aux besoins en main d’œuvre sur les chantiers de construction pour les hommes et en domesticité de maison pour les femmes. Ces habitants d’origine étrangères ont fait souche. Leurs familles sont déjà composées d’enfants de la deuxième génération et troisième génération nés sur l’île. Dans une vision optimiste d’une intégration dans la Concorde, le manteau est partagé entre St Martinois de souche et St Martinois de cœur. « La patrie c’est là où l’on est heureux » disait Voltaire. Pour espérer face au quotidien, sous la ferveur religieuse, le peuple caribéen soude des liens fraternels dans une myriade de petites communautés religieuses. Friendly Island…

Les données statistiques illustrent la diversité de la population . En 2005 il y a 81 500 habitants (46 500 du côté de Philipsburg + 35.000 du côté de Marigot ). Sous le manteau de St Martin, une centaine de nationalités sont recensées en plus des français et des hollandais. Au total 36. 210 étrangers ( 22.314 au Sud + 13.896 au Nord) soit 45% de la population.
Au palmarès des nationalités il y a d’abord 11 747 haïtiens francophones ( 5 400 + 6 347) puis 6 945 dominicanos (4 720 + 2 225) et 3 893 anglophones de l’île de la Dominique (2 361 + 1532 ). Les familles originaires de ces trois îles voisines composent 62 % de la population étrangère.

Le flux migratoire ne tarit pas. Les derniers arrivants sont souvent victimes d’abus. Il y a illégalité et délit du fait du propriétaire et l’employeur si le logis est payé sans quittance, si le lien de subordination au travail est clandestin. Le statut des pauvres sans-papiers, est une position transitoire. Ni l’esclavage, ni l’intégration par le salariat. Un « clandestinat » moins difficile à supporter que les conditions de son pays d’où l’on a fuit la pauvreté et l’absence de travail.
Le Mayor Albert pointe une spécificité. « L'immigration clandestine à Saint-Martin ne pourra pas être maîtrisée sans une véritable coopération entre les deux parties de l’île. Sint Maarten est un PTOM des Antilles néerlandaises, autonome, et actuellement dans un processus d’évolution statutaire pour obtenir son détachement des Antilles néerlandaises. Le traité de 1648 et l’existence d’une frontière perméable imposent un accord entre les Etats et au niveau local afin de contrôler les flux migratoires depuis l'aéroport International de Juliana. »
Le sénateur Othily à la tête d’une mission d’enquête sur les flux migratoires constate sur place en Janvier 2006 : « Il y a une volonté manifeste des élus de conclure des accords de coopération avec Sint Maarten. Mais nous sommes dans le flou constitutionnel le plus total. Sint Maarten ne fait pas partie de l’Europe et n’a pas la réglementation de la Hollande. Le gouvernement de Sint Maarten a-t-il compétence pour négocier avec le sous-préfet ou avec le maire? Nous n’en savons rien. Et tant que nous n’aurons pas éclairci tous ces problèmes-là, il n’y aura pas de possibilité d’application des lois de la République. Ce sera toujours le régime de l’à peu près, du supposé, des rumeurs. »

D’ici la mise au calendrier de cet ordre du jour, l’ombre noire du sans-papier clandestin, bouc-émissaire idéal, continuera à alimenter les fantasmes et les rumeurs dans la conscience collective. Un pauvre paria avec lequel Saint Martin évêque de Tours, sans hésiter aurait partagé sa cape…

Du côté de Marigot, on est loin d’un progrès démocratique dans la gestion du volet de l’intégration et la participation citoyenne. Dans les déclarations politiques nul ne souhaite que les 3 300 étrangers ayant dépassé dix années de présence officielle puissent participer à l’élection des dirigeants de la future COM, ce qui est possible du côté de Philipsburg.
Doit-on regretter que les élus locaux de la République française aux Antilles, soient sur cette opportunité unanimement muets ?

Posté par jabiru, vendredi 3 février 2006 à 10:11:58 AM

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